Terminé Un Tueur sur la route (Silent terror) de James Ellroy. C’est le premier Ellroy que je lis. Assez ennuyeux en fin de compte. Les passages objectifs (articles de journaux, rapports de police, etc.) sont bien meilleurs que les passages où le tueur tente de rendre compte de ses névroses. Je crois d’ailleurs que c’est dans cette direction quasi documentaire qu’Ellroy s’est engagé pour ses romans suivants.
31 décembre 2011
21 novembre 2011
La Bête qui meurt
Terminé La Bête qui meurt de Philip Roth. Lecture agréable, même si cela ne vaut pas les éloges outrés que l’on adresse en France à l’œuvre de Roth. Beaucoup de contenu sociologique, des réflexions justes et intéressantes sur les femmes, l’âge, la société. Les digressions sont plus intéressantes que l’histoire elle-même, à cause de l’insignifiance du personnage féminin. Immoralisme frappant de toute cette génération née dans les années trente (Woody Allen, Philippe Sollers, Roth, etc.). Toujours les mêmes histoires de vieux intellectuels couchant sans vergogne avec des étudiantes. Pour eux, le sexe est la réalité suprême, pas de forces de l’esprit, la mort comme néant absolu.
17 novembre 2011
Pimp
Fini Pimp (1969), d’Iceberg Slim. Livre culte, autobiographie d’un maquereau des années 30 à 50. Ouvrage admirable. Sobre et objectif. Très noir. La réalité décrite est suffisamment atroce pour pouvoir se passer d’effets de style. Une vie sans fard, primaire, pas de place pour l’ego, mais nécessitant pourtant un grand nombre de vertus, telles que l’ingéniosité, la maîtrise de soi, la capacité de résistance face aux épreuves. Pas mal de noblesse en fin de compte. Aucune place pour l’amour ou la sensibilité. Les éléments basiques de l’existence telle que quatre-vingt-quinze pour cent des humains qui ont foulé cette planète l’ont vécue sans doute.
14 novembre 2011
La Défaite de la pensée
Fini La Défaite de la pensée d’Alain Finkielkraut. J’ai de l’estime pour Finkielkraut, qui est sans doute un des intellectuels français les plus honnêtes. Plus honnête que BHL, moins phraseur que Debray, moins narcissique et plus travailleur que Sollers. Seulement il est obsédé par ce qui l’exaspère dans la société contemporaine, et n’écrit que pour dénigrer. Il n’a apparemment pas assez lu Platon et la Bhagavad-Gîta, et n’a pas compris que le regard doit se diriger vers ce qui est ordonné et incorruptible.
31 octobre 2011
Les Souffrances du jeune Werther
Fini Les Souffrances du jeune Werther de Goethe. Je n’ai pas pris beaucoup de plaisir à cette lecture. J’ai eu l’impression que Goethe lui-même ne croyait pas vraiment à son histoire, et se dévoilait plus dans les nombreuses digressions botaniques, littéraires, philosophiques, que dans le récit proprement dit des amours contrariées de Werther et de Charlotte. Rien n’est plus étranger à la nature profonde de Goethe que la passion destructrice. Le détachement serein et sensuel du Divan, voilà sa vraie nature. Du coup, tout le roman m’a semblé un peu artificiel. Les personnages de La Nouvelle Héloïse ont une autre épaisseur, et on sent que Rousseau parle de ce qu’il a vécu, ou du moins aurait aimé pouvoir vivre. De toute façon, je ne me sens aucune inclination vers le romantisme en général. Tout sentiment excessif s’oppose à la réalité de la vie, et appelle tôt ou tard un châtiment.
Il y a dans toute cette littérature des années 1775-1789 un puissant parfum de fin du monde. Je pense aussi à Paul et Virginie par exemple. On sent qu’un monde s’achève, que les êtres sont complètement abandonnés à eux-mêmes et à la solitude de la nature, que toute l’ancienne structure sociale est d’ores et déjà caduque et prête à s’effondrer au premier coup de vent.
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