13 décembre 2010

Une ambiance suicidaire

      Un parfum de suicide flotte dans les airs. Il ne se passe pas un jour sans que je découvre la mention d’un suicide dans les faits divers. Le dernier en date est le fils de Bernard Madoff qu’on a retrouvé pendu dans son appartement de Manhattan. Mais, la plupart du temps, ce sont de tout jeunes gens qui se suicident, parfois dans leur collège ou dans leur lycée. Je serais curieux de connaître les statistiques exactes du nombre de suicidés. Je suis absolument certain que celui-ci n’a fait que croître ces dernières années. Et, d’une manière plus générale, j’observe très nettement autour de moi et chez la population une tendance au découragement, à l’abdication, au désespoir.
       Tout cela n’est pas le fruit du hasard, mais reflète l’état d’esprit actuel de notre société. Les gens pensent, avec raison d’ailleurs, que le futur est sombre, que l’avenir immédiat s’annonce pire que le présent, pire que le passé. Tout ce qui se fait actuellement, tout ce qui se dit, ne débouchera sur rien, et les gens en ont l’obscur pressentiment. Il faudra atteindre la catastrophe, ou du moins une crise majeure, pour que tout ce que la société a de pourri disparaisse et pour pouvoir poser les bases d’un système meilleur, centré sur l’homme, et non plus sur le profit.
       Dans cette situation, le comportement naturel de ceux qui se calquent sur l’air du temps, c’est le suicide. Notre monde est en train de se suicider, et pour continuer à vivre, il faut donc aller contre la marche du monde. C’est possible, mais cela demande des efforts, une certaine force intérieure. Et c’est lorsque l’on est jeune que l’on est le plus sensible à l’influence de l’époque, comme en témoigne le fait que ce sont toujours les jeunes qui adoptent toutes les modes. Quel triste destin que d’être jeune dans les années 2010 !
      En ce mois de décembre, nous approchons chaque jour davantage du solstice, et il y a là une grande leçon à méditer : le déclin des jours et le triomphe de la nuit ne sont pas irréversibles. La lumière diminue chaque jour davantage, jusqu’au jour où le globe bascule et où le soleil, enfin, retrouve le chemin de son éclat maximal.

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