4 octobre 2010

Pas de pardon pour d'Ormesson

      Lorsque j’avais quinze ans, j’aimais bien Jean d’Ormesson. Son Autre histoire de la littérature française m’avait tenu compagnie à la fin de mon adolescence, et avait accru ma familiarité avec nos grands auteurs. Avec son œil bleu pétillant de malice et sa verve inépuisable, il me séduisait. Je trouvais en lui un certain raffinement un peu suranné qui contrastait avec la vulgarité de l’époque. Pendant toutes ces années, il m’est resté sympathique, et je le suivais avec plaisir chaque fois (et c’était souvent) qu’il passait à la télé.
       Puis, à mon grand désappointement, il a soutenu Nicolas Sarkozy en 2007. Quelque chose s’est alors déchiré entre lui et moi. Lorsque j’ai constaté que ce soutien a depuis été réitéré, malgré tout ce que l’on a vu, je me suis dit que j’avais dû me tromper sur Jean d’Ormesson, et que les valeurs humanistes fondamentales, en lui, ne primaient pas sur des considérations partisanes. Tout ce que Jean d’Ormesson représentait à mes yeux s’oppose tellement à ce qu’est Nicolas Sarkozy, que j’ai dû me rendre à l’évidence, et reconnaître mon erreur. Depuis, je n’ai pas de haine envers Jean d’Ormesson, mais je n’ai plus d’estime pour lui. C’est un auteur charmant, mais mineur. L’essentiel lui manque. Je ne pourrai pas lui pardonner d’avoir sombré, lui aussi, dans la médiocrité et l’aveuglement de la majorité des électeurs.

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