14 janvier 2021

Journal de lecture : janvier 2021



Lu Sous l'étoile d'automne de Knut Hamsun, avec plaisir et intérêt. Roman plus court que l'interminable Mystères, plaisant à lire, à défaut d'être très profond. Tous les passages narratifs m'ont semblé très bons. Les dialogues en revanche m'ont laissé un peu froid. Le fait est que l'on a du mal à s'intéresser aux personnages annexes, l'intrigue est assez relâchée, floue, sans grand enjeu.
Lu beaucoup de tragédies grecques ces derniers temps, surtout Eschyle (Les Sept contre Thèbes, Les Suppliantes, Prométhée enchaîné, Les Perses, Agamemnon) et Sophocle (Electre, Antigone, Œdipe roi). Eschyle est presque religieux, grandeur native, sans emphase. Enjeux supérieurs, économie dramatique. Grand plaisir de lecture, malgré quelques obscurités dues à la densité de la phrase. Chez Sophocle en revanche, les dieux sont quasiment absents. Drames familiaux, peinture crue des sentiments, noirceur profonde, on se croirait parfois chez Maupassant.
Bien avancé dans Les Misérables, qui au fond n’est pas un roman, mais une gigantesque méditation sur l'histoire et la destinée humaine.

5 commentaires:

  1. Sympa cette petite note de lecture, cher Laconique ! Knut Hamsun ne cesse de m'intriguer, et je me souviens d'ailleurs que vous aviez écrit sur un ou plusieurs autre de ses livres. Je crois avoir compris qu'il y a un air d'aventure à ses livres (n'est-ce pas la raison pour laquelle "Sous l'étoile d'automne" -- titre que n'aurait pas renié Rimbaud -- a une intrigue "assez relâchée, floue, sans grand enjeu" ? Mais je ne fais que supposer), alors peut-être que c'est un auteur qu'il faudrait lire par les temps qui courent, garant d'évasion.

    Je n'ai jamais lu de tragédies grecques. De Hugo, seulement quelques poèmes et "Le dernier jour d'un condamné" en 4ème... Mais ce serait là s'attaquer à plusieurs monstres littéraires et je n'en ai plus la force. Le dernier livre que j'ai lu remonte à la fin de l'été, c'était "L'Enchanteur" de Barjavel, superbe variation autour du cycle arthurien. Un roman d'aventures et d'amour très bien écrit, très lumineux, avec des personnages extrêmement attachants que j'ai regretté de quitter une fois le livre fini. Je pense que si je me remets à la lecture un jour, j'entamerai justement les grands textes de la légende arthurienne. "L'Enchanteur" m'a en tout cas beaucoup marquée, et je l'ai mis d'offce dans la liste de mes romans préférés. En réalité je ne lis plus, entre une atteinte neuromusculaire personnelle et la longue nuit dans laquelle l'humanité entière est plongée depuis un an, je suis en PLS complète, comme diraient cocassement les jeunes de nos jours. Cela étant, je prends toujours du plaisir à lire des chroniques livresques de temps à autre. C'est le signe qu'il y a encore de la vie et que la morbidité et le macabre n'ont pas tout corrompu.

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  2. Bonjour chère miss Flint,

    Je suis sincèrement désolé d’apprendre que vos problèmes de santé ne vous laissent décidément pas en repos. J’espère que les choses vont s’arranger pour vous, je forme des vœux en ce sens. Après, la lecture c’est aussi une question d’envie, parfois on n’a pas envie, tout simplement.

    Merci pour votre retour sur ces petites « notes de lecture ». Oui, j’ai régulièrement parlé d’Hamsun ici, le livre que j’ai vraiment préféré de sa part est Pan. Ce ne sont pas vraiment des livres d’ « aventures », mais plutôt une sorte d’anarchisme individualiste, précurseur de Bukowski, avec une forte sensibilité pour la nature et la paix qu’elle procure (les forêts, etc.). A mon avis ce n’est pas tout à fait votre veine, vous je vous vois plus avec une tonalité magique, mystique.

    J’avais lu L’Enchanteur de Barjavel durant ma scolarité, mais je vous avoue que je m’en souviens très peu. En film il y a Excalibur de John Boorman qui est vraiment réussi, avec la musique de Wagner. Je me replonge dans les opéras de Wagner en ce moment, c’est vraiment un monde à part entière, on se demande comment nous sommes passés de cette quintessence absolue d’art, de beauté et de raffinement au monde techniciste et déshumanisé d’aujourd’hui...

    Que voulez-vous, les temps sont sombres, et objectivement on ne voit pas de signes d’amélioration à l’horizon. Seul Dieu peut nous sauver, individuellement ou collectivement.

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    1. Merci de vos vœux, cher Laconique ! Hélas, avec tout ce qui ce passe en ce moment, impossible que ça n'empire pas. Il y a trop de pression sur les corps et les esprits, ceux qui étaient en bonne santé peuvent devenir durablement malades, et ceux qui l'étaient déjà, voir leur état s'aggraver, avec toute la détresse psychologique créée par le virus et ses conséquences, le chômage partiel et le télétravail, les études à distance, les commerces fermés, le couvre-feu et la nécessité de distanciation sociale, sans oublier le complotisme qui excite la peur, le doute et la négativité.

      Alors oui, c'est sûr, l'anarchisme individualiste et la "forte sensibilité pour la nature et la paix qu'elle procure", ce n'est plus mon truc, quoique ça l'ait été jadis. Mais je reste assez intriguée par Knut Hamsun, et si l'occasion se présente un jour, je lirai un ou deux de ses livres, au moins je pourrai me faire un avis. Mais c'est vrai que je ne me situe (pratiquement) plus dans cette vision du monde.

      Wagner, dites-vous, vous vous entendriez bien avec mon généraliste, qui en est un passionné. Je trouve cela dur à écouter, je n'ai pas les oreilles pour (mais en fait cela vaut autant pour les opéras et la musique "classique", je trouve cela assourdissant et sec), mais j'ai l'impression que Wagner provoque des réactions extrêmes : on aime, ou on déteste. Mais l’œuvre de Wagner était déjà considérée comme à part à son époque si je ne me trompe pas, et encore aujourd'hui, avec nos oreilles modernes qui en ont pourtant entendu bien d'autres en matière de musique, on ressent fortement cette singularité. Ce n'est pas étonnant qu'un être comme Nietzsche l'ait adulé de prime abord...

      Je fais mienne votre dernière phrase, en préférant le "collectivement" au premier adverbe !

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    2. Hum j'oubliais : vous êtes la deuxième personne à me conseiller Excalibur de John Boorman, donc je le regarderai un jour prochain pour sûr. Et puis qui sait si ça ne me permettra pas d'écouter Wagner dans de meilleures conditions et ainsi d'apprécier ? Parfois une musique rentre mieux dans la tête quand on l'écoute de manière passive ou qu'elle accompagne un film.

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    3. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur Wagner, chère miss Flint, et je le ferai sans doute un jour. Je l'adulais quand j'avais dix-huit ans. Depuis j'ai pris mes distances. Wagner est la quintessence du romantisme, sa fleur finale, avec ses bons et ses mauvais côtés. Nietzsche tape juste dans la plupart de ses critiques. Mais lui-même est loin d'être un modèle à mon sens.

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