1 octobre 2010

Alexandre Jollien

      J’ai lu le dernier ouvrage d’Alexandre Jollien, Le Philosophe nu, et je dois dire que je n’ai pas trop aimé. Alexandre Jollien est certainement un individu attachant, plein de qualités, et sachant manier la plume, mais sa philosophie, fondée sur la joie, l’acceptation du réel, me semble totalement inopérante. Lui-même en fait d’ailleurs l’aveu dans cette sorte de journal, où, avec franchise, il relate ses tourments, et dévoile une existence à mille lieues du détachement tant espéré.
      C’est qu’on ne peut pas prôner à la fois un mode de vie philosophique et chercher son bonheur dans la vie familiale, dans les rencontres, etc. Un philosophe marié, avec des enfants, ce n’est déjà pas très sérieux… Au fond, il n’y a qu’une seule voie vers la sagesse, défendue par tous les grands philosophes de l’Antiquité, en Grèce, en Inde, en Chine, partout, et que personne n’ose promouvoir aujourd’hui : c’est le détachement, l’indifférence, la maîtrise de soi, l’étouffement des passions, le repli sur ce qui dépend de nous, la contemplation des réalités éternelles et intangibles. Dès lors que l’on se compromet avec le monde concret, avec la société, dès lors que l’on accepte de jouer un rôle dans la comédie humaine, il n’y a plus de pureté, il n’y a plus de bonheur possible.

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