Le mal n’a pas disparu. Lorsque je lève les yeux au-dessus de ma sphère de contrôle, je vois que son empire prospère, que ses racines s’enfoncent désormais partout. Le mal a attendu son heure. Avec le vingt-et-unième siècle, celle-ci est peut-être arrivée. Deux facteurs expliquent selon moi cette prodigieuse propagation de l’aliénation à notre époque.
1° La multiplications des stimulations sensorielles. Les sens sont le principal et le plus puissant vecteur de chute. « Ne regardez rien, n’écoutez rien, tenez votre esprit au sein de la quiétude et votre corps se rectifiera de lui-même », disait Tchouang-tseu. Pendant des millénaires, l’homme n’entendait aucun bruit, si ce n’est celui du vent, il n’était exposé à aucune image, sinon à celle du soleil et du ciel. Aujourd’hui, où que se pose le regard, ce sont mille Babylones incandescentes qui viennent nous assaillir.
2° La multiplication des contacts. Qu’il est doux de se laisser entraîner par les autres dans des directions vers lesquelles on n’aurait pas l’audace d’aller tout seul ! Qu’il est facile de fuir le poids de l’existence en allant se jeter dans la conscience d’autrui ! La communication fertilise tous les vices, et l’on se rue vers le gouffre avec l’euphorie au cœur. « Qui ouvre grand ses lèvres se perd », peut-on lire dans la Bible (Proverbes, 13, 3). Aujourd’hui, l’homme n’a plus cinq ou six interlocuteurs, mais cent, mais mille, qui emploient vingt canaux différents, et le sollicitent de la première heure du jour jusqu’aux heures reculées de la nuit.
1° La multiplications des stimulations sensorielles. Les sens sont le principal et le plus puissant vecteur de chute. « Ne regardez rien, n’écoutez rien, tenez votre esprit au sein de la quiétude et votre corps se rectifiera de lui-même », disait Tchouang-tseu. Pendant des millénaires, l’homme n’entendait aucun bruit, si ce n’est celui du vent, il n’était exposé à aucune image, sinon à celle du soleil et du ciel. Aujourd’hui, où que se pose le regard, ce sont mille Babylones incandescentes qui viennent nous assaillir.
2° La multiplication des contacts. Qu’il est doux de se laisser entraîner par les autres dans des directions vers lesquelles on n’aurait pas l’audace d’aller tout seul ! Qu’il est facile de fuir le poids de l’existence en allant se jeter dans la conscience d’autrui ! La communication fertilise tous les vices, et l’on se rue vers le gouffre avec l’euphorie au cœur. « Qui ouvre grand ses lèvres se perd », peut-on lire dans la Bible (Proverbes, 13, 3). Aujourd’hui, l’homme n’a plus cinq ou six interlocuteurs, mais cent, mais mille, qui emploient vingt canaux différents, et le sollicitent de la première heure du jour jusqu’aux heures reculées de la nuit.
Jamais l’existence humaine n’aura été aussi fragmentée, aussi aliénée que de nos jours. Nous ne nous appartenons plus, nous sommes les jouets des forces de la régression. Dans ces conditions, toutes les expériences sont avilissantes, et la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Et pourtant, et pourtant…
Et pourtant, c’est dans l’obscurité la plus profonde que l’on distingue le mieux la lumière de la Voie, son isolement superbe et sa parfaite rectitude.
Et pourtant, c’est dans l’obscurité la plus profonde que l’on distingue le mieux la lumière de la Voie, son isolement superbe et sa parfaite rectitude.



